Sarah Depoortere
Deltalight

Auteur:

Sara Adam, Corporate Consultant chez Group Casier, s.adam@casier.be et Loes Vandromme, Corporate Assistant chez Group Casier, l.vandromme@casier.be

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« La circularité est un catalyseur de durabilité »

« La circularité est un catalyseur de durabilité »

Le fabricant d’éclairage Deltalight s’engage résolument en faveur d’une plus grande circularité. « Nous examinons aussi bien nos processus de production que les produits que nous mettons sur le marché », indique Sarah Depoortere, responsable durabilité. « Continuer à produire de manière linéaire n’est pas une option pour nous. Nous visons un système fermé dans lequel les matériaux et les produits conservent leur valeur le plus longtemps possible. »

La durabilité fait depuis longtemps partie des priorités de Deltalight, mais ces dernières années, le mouvement s’est nettement accéléré et davantage structuré. Sarah Depoortere : « Alors qu’autrefois l’accent était mis sur ce que nous pouvions optimiser en interne, comme la consommation d’énergie et les flux de matériaux, la durabilité est aujourd’hui intégrée dans l’ensemble de l’organisation. Avec le programme ‘There’s more to light than meets the eye’, nous nous attaquons à quatre grands domaines : Dimming our Climate Impact (réduction des émissions de CO2), Illuminating Wisely (circularité), Lighting up Lives (bien-être des personnes), Wiring for Tomorrow (éthique des affaires, assurance). »

Quels outils utilisez-vous à cet effet ?

« Nous utilisons la Boussole circulaire Deltalight, une sorte de fiche d’évaluation interne que nous avons développée nous-mêmes. Cette fiche nous aide à évaluer les produits selon différents critères : utilisation des matériaux, efficacité énergétique, durée de vie, réparabilité et fin de vie. Concrètement, nous examinons la composition du produit et la manière dont nous pouvons prolonger sa durée de vie. Cela passe surtout par la réparabilité de la LED ou sa mise à niveau vers une version plus performante. »


« Nous réfléchissons aussi à l’efficacité du produit, car plus de 90 % de son empreinte carbone est générée pendant la phase d’utilisation. En rendant les produits plus efficaces et en prolongeant leur durée de vie, nous pouvons faire une réelle différence. Pour nos clients, cela signifie concrètement des luminaires qui sont non seulement esthétiques et performants sur le plan technique, mais aussi pérennes pour leurs projets et mieux adaptés aux exigences de certification et de performances à long terme. Et bien entendu, nous tenons aussi compte de ce qu’il advient du produit lorsqu’il arrive en fin de vie. »

Comment la solution SPY II s’inscrit-elle dans cette démarche ?

« SPY II 39 illustre parfaitement notre approche actuelle du développement de produits. Il ne s’agit pas seulement de design ou de performance au moment de l’installation, mais surtout de la capacité d’un produit à s’adapter au fil du temps. La véritable innovation de SPY II 39 réside dans sa modularité évolutive : grâce à une conception ingénieuse, il est non seulement possible de mettre facilement à niveau la LED et le driver, mais aussi de transformer simplement le boîtier et les optiques en leur donnant une nouvelle couleur ou un nouvel aspect sans devoir remplacer l’ensemble du luminaire. »

« Le plus important pour nous, c’est de donner une dimension concrète à notre engagement en partageant nos connaissances et en soutenant nos partenaires. »
Sarah Depoortere
Existe-t-il des obligations européennes auxquelles vos produits doivent satisfaire ?

« L’Europe exige que la LED et le driver puissent être réparés. La législation en matière d’écoconception s’inscrit elle aussi pleinement dans ce cadre. Mais nous ne déployons certainement pas ce type d’efforts uniquement parce que les pouvoirs publics nous y obligent. C’est aussi notre souhait en tant qu’entreprise, tout comme celui de nos clients. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus beau dans toute cette histoire : nos clients et nos partenaires nous le demandent et réfléchissent à des solutions avec nous. C’est ainsi que naissent de belles innovations comme la collection Nebbia, une collaboration créative entre Deltalight et Park Associati, un bureau italien d’architecture et de design qui recherchait spécifiquement un produit réparable. »


« La série High Profile a vu le jour après que les architectes et spécialistes de l’aménagement intérieur de MVRDV, sous la direction de Jacob van Rijs, ont suggéré d’intégrer nous-mêmes dans nos produits les chutes issues de la découpe sur mesure des systèmes d’éclairage, au lieu de les renvoyer au fournisseur pour qu’il les refonde et les réintègre ainsi dans la chaîne de production. »


« Nos clients – architectes, promoteurs immobiliers et concepteurs d’éclairage – sont de plus en plus exigeants. Ils recherchent des solutions qui leur permettent de réaliser des bâtiments durables et de répondre aux rigoureux critères de certifications telles que BREEAM ou LEED. Cette demande émanant du marché est pour nous au moins aussi importante que la réglementation. Elle nous pousse à continuer à innover avec nos partenaires. »

Qu’en est-il du coût des produits réparables ?

« Il est vrai que la réparabilité impliquait autrefois un certain surcoût, mais face à la hausse de la demande, nos fournisseurs doivent eux aussi s’adapter. La circularité ne devrait pas entraîner de coûts supplémentaires. Nous négocions à ce sujet avec nos fournisseurs. L’aluminium, par exemple, possède énormément d’atouts. Il peut être recyclé en continu sans perte de qualité ni de valeur. »

Sarah Depoortere
Vous avez également adapté vos emballages. Cette décision est-elle aussi liée à votre volonté de renforcer la circularité ?

« Depuis 2022, Deltalight s’efforce d’éviter au maximum le plastique comme matériau d’emballage. Seuls 9 % de tout le plastique présent dans le monde sont recyclés. Des études prédisent qu’en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans la mer. Il est vraiment urgent d’agir. Nous avons délibérément écarté le plastique recyclé au profit de matériaux renouvelables comme le carton et le ruban adhésif en papier. Le carton est certifié FSC et provient d’une gestion forestière durable. Quand l’emploi du plastique est inévitable, nous privilégions des matériaux recyclés, comme le film à bulles. »

Parvenez-vous aussi à impliquer les clients finaux dans votre démarche circulaire ?

« De nombreuses études montrent que les millennials sont prêts à dépenser davantage pour des produits circulaires et qu’ils vont même jusqu’à boycotter certaines entreprises qui ne se préoccupent pas de circularité. Cette tendance ne fera que s’accentuer à l’avenir. »


« Le plus important pour nous, c’est de donner une dimension concrète à notre engagement. Non seulement en développant des produits, mais aussi en partageant nos connaissances et en soutenant nos partenaires. Nous communiquons également de manière beaucoup plus explicite à ce sujet. Avec notre premier rapport de durabilité, nous rendons notre approche et nos progrès transparents. Cela aide les clients à faire des choix éclairés et à réaliser leurs propres objectifs de durabilité. »


« Nous demandons à nos fournisseurs de signer un code de conduite qui formalise certains points. Nous effectuons aussi des audits chez nos fournisseurs. En partageant notre démarche circulaire et en y associant nos fournisseurs, nous aidons nos clients et partenaires à porter notre démarche jusqu’au client final. »

Qu’est-ce qui distingue Deltalight des autres fabricants d’éclairage ?

« Notre force réside dans l’alliance du design, de la technologie et de la performance. Nous collaborons étroitement avec des architectes et des concepteurs d’éclairage afin de développer des solutions qui contribuent réellement au projet. Ce faisant, nous ne nous intéressons pas seulement au luminaire proprement dit, mais au rôle de la lumière dans l’ensemble : consommation d’énergie, confort, flexibilité et impact sur le bâtiment. »


« Saviez-vous que nous fournissons tout l’éclairage de l’hôtel de ville de Roulers ? Ce projet est entièrement certifié BREEAM. Cela signifie que l’éclairage répond aux strictes normes BREEAM en matière d’efficacité énergétique, de santé et de confort de toutes les personnes qui fréquentent ce bâtiment, ainsi que d’impact sur l’environnement. »

Où voyez-vous encore une marge d’amélioration ?

« Les fondements sont posés, mais nous pratiquons une politique d’amélioration continue. Nous examinons par exemple comment prolonger encore davantage la durée de vie de nos produits et comment faciliter leur entretien ou leur mise à niveau, y compris sur site. »


« Par ailleurs, nous souhaitons encore renforcer notre rôle de partenaire expert. L’éclairage durable est une matière complexe, qui demande de comprendre différents paramètres. En partageant nos connaissances, nous aidons nos clients à faire de meilleurs choix. »

Quels petits ajustements peuvent selon vous faire une grande différence ?

« C’est souvent dans des choix qui semblent à première vue insignifiants, mais qui exercent une grande influence sur toute la durée de vie d’un bâtiment, que réside l’impact le plus important. Pensez par exemple à la manière dont la lumière est utilisée : des capteurs et variateurs d’intensité permettent d’éviter que l’éclairage reste allumé inutilement. Dans les environnements de bureau, cela peut permettre jusqu’à 70 % d’économies d’énergie, sans nuire au confort. »


« La phase de conception est elle aussi décisive. En optant pour des luminaires offrant une plus grande efficacité lumineuse (plus de lumens par watt) et une durée de vie plus longue, on réduit non seulement la consommation d’énergie, mais aussi les coûts de maintenance et de remplacement à long terme. »


« La modularité et la mise à niveau présentent aussi de nombreux avantages. La possibilité de remplacer ou de mettre à niveau des composants évite de devoir remplacer un luminaire complet. Cela fait une grande différence tant au niveau de la quantité de matériaux utilisés que des coûts. »